Alternance dans le supérieur : avantages et fonctionnement
L'alternance dans le supérieur permet d'étudier en partageant son temps entre l'entreprise et l'école. Vous êtes rémunéré, vos frais de scolarité sont pris en charge et vous accumulez une expérience professionnelle concrète dès la formation. Deux contrats encadrent ce dispositif : le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation. Résultat : un taux d'insertion parmi les plus élevés de l'enseignement supérieur français.
Chaque année, plusieurs centaines de milliers d'étudiants choisissent de préparer leur diplôme en alternance. Ce mode de formation a longtemps été associé aux seuls CAP et BEP, mais il couvre aujourd'hui l'ensemble du supérieur : BTS, BUT, licence professionnelle, master, diplôme d'ingénieur, école de commerce… La formule attire parce qu'elle répond à une double logique : se former sans s'endetter et entrer sur le marché du travail avec un bagage pratique immédiat.
Ce guide fait le point sur ce qu'est réellement l'alternance dans le supérieur, comment choisir entre les deux contrats disponibles, quels diplômes y sont accessibles et comment décrocher une entreprise d'accueil.
Qu'est-ce que l'alternance dans le supérieur ?
L'alternance est un mode d'organisation pédagogique dans lequel le temps de formation est partagé entre un établissement d'enseignement et une entreprise. L'étudiant est alternativement en cours et en poste, selon un rythme défini à l'avance par l'école et l'employeur.
Ce qui distingue l'alternance d'un simple stage, c'est avant tout le statut : l'alternant est un salarié. Il signe un contrat de travail, cotise aux assurances sociales et perçoit une rémunération. En contrepartie, l'entreprise bénéficie d'une aide de l'État et d'un salarié en formation qui monte progressivement en compétences.
Dans l'enseignement supérieur, l'alternance peut prendre plusieurs rythmes :
- Hebdomadaire : par exemple 3 jours en entreprise et 2 jours à l'école.
- Bimensuel : une semaine à l'école, une semaine en entreprise.
- Trimestriel : blocs de plusieurs semaines alternés.
Le rythme est fixé par le programme de l'établissement et peut varier selon l'année de formation ou le niveau du diplôme visé.
Contrat d'apprentissage vs contrat de professionnalisation
En France, deux contrats permettent de suivre une formation en alternance dans le supérieur. Ils diffèrent par leur public, leur financement et leur logique.
| Critère | Contrat d'apprentissage | Contrat de professionnalisation |
|---|---|---|
| Public cible | 16–29 ans révolus (dérogations possibles) | 16–25 ans, demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, bénéficiaires de minima sociaux |
| Diplôme préparé | Diplôme d'État ou titre RNCP | Qualification professionnelle, titre RNCP ou certificat de qualification |
| Durée | 6 mois à 3 ans (jusqu'à 4 ans pour certains cas) | 6 à 12 mois (jusqu'à 24 mois pour certains publics) |
| Temps en formation | Minimum 25 % du temps contractuel | 15 à 25 % du temps contractuel |
| Financement | OPCO (opérateur de compétences) selon coût-contrat | OPCO selon accord de branche |
| Maître de stage | Maître d'apprentissage obligatoire | Tuteur obligatoire |
| Rupture | Période probatoire de 45 jours, puis règles spécifiques | Règles du droit commun du travail |
Pour la grande majorité des étudiants du supérieur (BTS, BUT, licence pro, master, ingénieur, école de commerce), le contrat d'apprentissage est la formule de référence. Le contrat de professionnalisation est davantage utilisé pour des reconversions professionnelles ou des formations courtes ciblées sur un métier précis.
Les avantages concrets de l'alternance
Une rémunération pendant toute la durée des études
C'est l'un des premiers arguments qui convainc les étudiants et leurs familles. En alternance, vous percevez un salaire chaque mois, même pendant les semaines passées à l'école. Ce salaire n'est pas un symbole : il couvre souvent une partie significative des frais de logement et de vie quotidienne.
La rémunération est calculée en pourcentage du SMIC (ou du salaire minimum conventionnel de la branche si celui-ci est plus favorable). Ce pourcentage varie selon l'âge de l'alternant et l'année du contrat : plus vous avancez en âge et en formation, plus le taux augmente. Un alternant de moins de 18 ans en première année touchera un pourcentage moins élevé qu'un alternant de 26 ans ou plus, qui perçoit au minimum la totalité du SMIC.
Des frais de scolarité pris en charge
Dans le cadre de l'apprentissage, les frais de formation sont couverts par l'OPCO auquel appartient l'entreprise d'accueil, sur la base d'un coût-contrat fixé par France compétences. Concrètement, l'alternant ne paie pas ses frais de scolarité dans la très grande majorité des cas.
C'est une différence majeure avec la voie classique dans les écoles privées, où les frais peuvent représenter plusieurs milliers d'euros par an. En alternance, ces coûts disparaissent pour l'étudiant.
Une expérience professionnelle immédiate et valorisable
Contrairement au stage, l'alternance s'étend sur toute la durée de la formation — souvent un, deux ou trois ans. L'alternant n'est pas un simple observateur : il occupe un vrai poste, réalise des missions, gère des responsabilités et acquiert des réflexes professionnels que les cours seuls ne peuvent pas donner.
À la fin de la formation, le CV affiche une expérience substantielle dans un secteur d'activité réel, avec des réalisations concrètes à décrire en entretien.
Un taux d'insertion très élevé
Les enquêtes d'insertion menées par les établissements et les branches professionnelles montrent de manière constante que les diplômés issus de l'alternance s'insèrent plus rapidement sur le marché du travail que leurs homologues en formation initiale classique. Un nombre significatif d'entre eux se voit proposer un CDI dans l'entreprise d'accueil à l'issue du contrat, ce qui raccourcit considérablement la période de recherche d'emploi après le diplôme.
Les diplômes accessibles en alternance dans le supérieur
L'alternance couvre aujourd'hui presque tous les niveaux de l'enseignement supérieur en France :
- BTS (Bac +2) : l'un des premiers niveaux à avoir généralisé l'alternance. Pratiquement toutes les spécialités proposent une voie apprentissage.
- BUT (Bac +3) : les instituts universitaires de technologie (IUT) ont développé des parcours alternance, notamment en troisième année.
- Licence professionnelle (Bac +3) : pensée dès l'origine pour l'alternance, elle reste l'une des voies les plus appréciées des employeurs.
- Bachelor et Bac +4 : les grandes écoles de commerce et d'ingénieurs proposent des programmes bachelor intégrant une année ou plus en alternance.
- Master (Bac +5) : de plus en plus de masters universitaires et de masters de grandes écoles ouvrent des places en apprentissage, particulièrement en M2.
- Diplôme d'ingénieur (Bac +5) : de nombreuses écoles ont créé une filière apprentissage sur l'ensemble du cycle, soit trois ans.
- MBA et programmes spécialisés : certaines formations de niveau post-master acceptent également des contrats d'apprentissage.
Si vous êtes en train de choisir votre orientation dans le supérieur, il vaut la peine de vérifier si la filière qui vous intéresse propose une voie alternance : c'est souvent un critère décisif sur le plan financier et professionnel.
Comment trouver son alternance : méthodes et calendrier
Le rythme de la recherche
La recherche d'une entreprise d'accueil est souvent l'étape qui inquiète le plus les candidats à l'alternance. Il faut anticiper. Pour une formation qui démarre en septembre, les premières candidatures doivent être envoyées dès janvier ou février. Certains secteurs (banque, assurance, conseil) recrutent leurs alternants dès l'automne précédent.
Les établissements ouvrent généralement leurs inscriptions conditionnel au contrat : vous êtes admis sous réserve de trouver une entreprise avant la rentrée. Le délai varie selon les écoles, mais la pression est réelle.
Où chercher une entreprise ?
- Le réseau de l'établissement : les centres de formation d'apprentis (CFA) et les écoles entretiennent des listes d'entreprises partenaires. C'est le premier endroit à solliciter.
- Les plateformes spécialisées : plusieurs sites agrègent des offres d'alternance (La Bonne Alternance, Apprentissage.beta.gouv.fr, les sites des OPCO sectoriels).
- Les jobboards généralistes : Indeed, LinkedIn, Welcome to the Jungle permettent de filtrer par type de contrat.
- La candidature spontanée : envoyer un CV et une lettre de motivation ciblés à des entreprises du secteur visé, sans attendre une offre publiée.
- Le réseau personnel : parents, anciens élèves, forums sectoriels — les mises en relation informelles aboutissent souvent.
L'essentiel est de ne pas attendre passivement une offre. L'alternance se décroche avec une démarche active, comme une vraie recherche d'emploi.
Les contraintes à connaître avant de se lancer
L'alternance présente des avantages indéniables, mais ce n'est pas un chemin sans contraintes. Voici les points à avoir en tête :
- La charge de travail double : être à la fois salarié et étudiant demande une organisation rigoureuse. Les semaines en entreprise ne sont pas des semaines de repos ; les semaines à l'école non plus.
- Le risque de rupture de contrat : si l'entreprise fait faillite ou si la relation se dégrade, le contrat peut être rompu. Il faut alors retrouver rapidement un autre employeur sous peine de perdre sa place en formation.
- La mobilité géographique : l'école et l'entreprise ne sont pas toujours dans la même ville. Les déplacements réguliers peuvent représenter un coût et une fatigue non négligeables.
- La pression de la double évaluation : l'alternant est évalué par l'école sur ses résultats académiques et par l'entreprise sur ses performances professionnelles. Satisfaire les deux simultanément demande de l'énergie.
- Un sujet moins adapté à certains secteurs : dans quelques disciplines (arts, sciences fondamentales, médecine, droit), les offres d'alternance restent rares ou mal adaptées au cursus.
Pour ceux qui souhaitent explorer des solutions de financement complémentaires, notamment si l'alternance ne couvre pas tous les besoins, le CPF et les dispositifs de financement de formation peuvent être une piste à examiner.
Questions fréquentes
Combien est-on payé en alternance ?
La rémunération en alternance est exprimée en pourcentage du SMIC (ou du minimum conventionnel de branche). Ce pourcentage dépend de deux facteurs : l'âge de l'alternant et l'année du contrat. Les alternants les plus jeunes et en début de contrat perçoivent un pourcentage plus faible ; ceux qui ont 26 ans ou plus touchent au minimum 100 % du SMIC dès la première année. Les grilles évoluent régulièrement : consultez le site du ministère du Travail ou votre CFA pour les barèmes en vigueur au moment de la signature.
Comment trouver une entreprise pour son alternance ?
La recherche d'entreprise doit commencer tôt — idéalement six à neuf mois avant la rentrée. Commencez par solliciter le réseau de votre école ou CFA, qui dispose souvent d'un vivier d'entreprises partenaires. Parallèlement, utilisez les plateformes spécialisées comme La Bonne Alternance et les OPCO de votre secteur cible. La candidature spontanée reste très efficace : identifiez les entreprises qui vous intéressent et approchez-les directement, même sans offre publiée. LinkedIn est utile pour cibler des contacts à l'intérieur des entreprises visées.
Quels diplômes peut-on préparer en alternance ?
Pratiquement tous les niveaux du supérieur sont accessibles : BTS (bac +2), BUT (bac +3), licence professionnelle (bac +3), bachelor, master (bac +5), diplôme d'ingénieur et certains MBA. La condition est que le diplôme soit inscrit au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) ou soit un diplôme d'État. Les formations purement académiques (classes préparatoires par exemple) restent hors alternance. Pour identifier les métiers porteurs qui recrutent en alternance, il peut être utile de croiser les secteurs qui ouvrent le plus de postes.
Quels sont les avantages de l'alternance par rapport à la voie classique ?
La voie classique offre davantage de temps pour les études et convient mieux aux formations très théoriques ou aux cursus préparant des concours. L'alternance, elle, apporte une rémunération mensuelle, la gratuité des frais de scolarité (pris en charge par l'OPCO), une expérience professionnelle valorisable sur le marché du travail et un réseau constitué dès la formation. En termes d'insertion, les diplômés d'alternance entrent plus vite en emploi et bénéficient souvent d'une offre en CDI à l'issue du contrat. Le choix dépend du projet professionnel, du secteur visé et de la capacité à gérer une double charge de travail.